DIFFICILE

Amalia, née de parents instables, a d'emblée une trajectoire difficile...

Cette fille, indubitablement jeune et désirable  a été comme programmée pour la prostitution. Regardez son histoire familiale ! Son père n'a pas vraiment de profession quand il rencontre sa mère et un mariage et quatre enfants plus tard, même s'il se vante de savoir faire « des tas de choses », il ne fait que des extra dans les restaurants en haute saison. Sur la côte d'Azur, c'est vrai, elle est peut-être plus longue qu'ailleurs mais il faut bien le dire, la plupart du temps, il ne fait qu'aider les copains à emménager ou déménager ; il pose des papiers peints, faits un peu de plomberie et d'électricité, met de l'ordre dans un jardin en taillant les haies et tondant la pelouse ou encore aide au bar dans un quartier assez mal fréquenté de Toulon. A chaque fois, il touche de l'argent, c'est vrai mais à proprement parler, il n'a pas de profession.

A l'origine, il était « manutentionnaire ». En fin de compte, il n'est plus rien. Ses emplois temporaires s'en vont les uns après les autres à commencer par son emploi de saisonnier, le seul qui l'obligeait à respecter des horaires stricts et à travailler vraiment. Les autres suivent. Il faut dire qu'il n'est pas fiable. Il se met à arriver en retard, à ne pas aller aux rendez-vous en donnant des prétextes stupides et, quand il s'y rend enfin, à « saloper » le travail. Finalement, ses copains s'écartent de lui et cherchent, pour faire de menus travaux, quelqu'un de plus fiable. Il lui reste le bar où il est bienvenu. Sobre au départ et jurant de le rester, il jure bientôt de ne pas pouvoir l'être. Il boit le pastis avec les habitués.  

enfant

Puis, il le boit sans eux. Au bout du compte, le propriétaire du café se fâche avec lui. La dispute tourne à l'algarade et les deux hommes se battent. Il n'a pas le dessous et c'est dommage car la police le condamne. Ce n'est pas une longue incarcération mais la suite, on la connaît. Quand il sort de prison, il n'est plus le même. Il cherche à trafiquer et non à travailler.

Les années ont passé et ses enfants ont grandi. La mésentente est complète entre la mère qui souffre de la pauvreté mais veut rester digne, la fille aînée qui est adolescente et voudrait faire des études après le bac et les trois fils qui, élevés par la mère et la grande- sœur, sont désarçonnés par la veulerie du père. Bientôt, celui-ci prend la seule décision qu'il estime juste pour lui et les autres : il disparaît. Voilà, il prend la poudre d'escampette, la tangente ; bref, il file à l'anglaise. Ou à la française. Et quand ça serait à l'italienne, ça ne le dérangerait pas. Il ne laisse rien puisqu'il n'a rien mais au moins, il ne coûte plus rien à personne. Ce qu'il va faire, il ne le sait pas encore mais il va se débrouiller, de cela, il est sûr. Ainsi, on ne pourra plus dire qu'il vit aux crochets de son épouse et néglige ses enfants. Car c'est cela qu'on a dit, non ?