valentina

 

Jolie brunette aujourd’hui trentenaire, cette étudiante en droit s’est livrée à la prostitution pendant plusieurs années, pour financer ses études. Vendre ses charmes a été le choix du dernier ressort. « Battue par mon père, j’ai quitté très tôt le foyer familial. Vivre avec une bourse de 400 euros me semblait impossible. Je n’arrivais pas à payer mon loyer, ma nourriture… Ne parlons même pas des loisirs. Alors j’ai sauté le pas… Ce n’est pas quelque chose que l’on fait facilement. D’ailleurs, on ne peut jamais l’effacer », soupire-t-elle.

Pourquoi n’a-t-elle pas travaillé dans un fast-food ? La réponse est claire: " En une soirée, j’ai vite vu que je pouvais avoir l’équivalent d’un mois de travail. En moyenne, je gagnais 2.000 euros par mois, mais à quel prix ! En général, je passais des petites annonces sur Internet, en précisant que j’étais étudiante. Ce terme est très porteur, se souvient-elle. L’avantage de ce mode de recrutement est l’anonymat, car il n’y a pas de photo… Mais derrière ce profil, il pouvait aussi se cacher des étrangères en situation irrégulière."

Il y a tant de textes et d'études sur ce sujet difficile qu'elle n'a pas envie d'être discursive. Son hypothèse fictionnelle est à ses yeux suffisante. Elle est devenue " Valentina " mais elle ne l'est plus. Elle n'aurait pu, de toute façon, avoir longtemps cette étrange double vie...

Ce qu'elle peut dire, ce dont elle est sûre, c'est que si sa décision, à l'époque, venait d'une « hérédité marquée » , elle a su tourner la page. Elle s'est mariée. Elle a une petite fille. Lui, le jeune mari, n'a jamais rien su. Elle ne vivait plus dans la même ville de toute manière et avait déjà un travail. Contre toute attente, ses études de droit, elle les avait terminées...

Elle a les pieds sur terre, celle qui, il y a longtemps, était Valentina pour ses clients. Elle sait bien ce qu'on dit dans ces cas-là. On repaît d'histoires tristes, on fait semblant d'être concernés et au fond, on pense que de toute façon, ces filles-là sont marquées ! Hein, sinon, quoi ? Marquée, au fond d'elle-même, elle est. Mais elle croit en la vie. Elle ne se retourne pas.