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4 Veuvages

Morgane m’invita en Provence. Je disposais de quatre semaines de libre et n’avais rien prévu. Revoir les Baux me ravissait. J’aimais bien cette jeune collègue de travail sans la connaître vraiment bien et son invitation me toucha. Phillip partit début Juillet et Zacharie en fin de mois. J’avais posé des congés en août. C’était parfait. Durant dix jours je déambulais avec elle dans un sud-est bombardé par le soleil puis je rejoignis d’autres amis à Calvi avant d’aller rejoindre mes parents en Normandie. Ils adoraient Cabourg. Eviter de penser est possible : je le fis. Bien sûr, il fallut rentrer. Oh surprise, le tendre Zacharie du Montana n’aimait pas les méls pour dire ce qu’il pensait au plus profond de lui. Il écrivait des lettres ! J’en trouvais plusieurs dans ma boite et les lus avec un étonnement enfantin

«Je suis rentré parce qu’il faut que j’utilise sainement cet argent que j’ai gagné à un jeu de hasard. Paris, c’était magnifique mais j’ai eu une chance énorme. Je veux monter une entreprise de livraison à domicile. J’habite une ville qui n’est pas si grande : ça peut très bien marcher. Quand je te parle de livraison, je vise très large. Je veux pouvoir livrer des denrées alimentaires et du matériel de construction. Je suis jeune, j’ai de l’ambition et j’ai les capitaux ! Tu sais quoi ? Je me forme en gestion et en marketing. Et j’ai déjà des employés potentiels et un comptable ! Ça prend tournure. Toi, ne crois pas que je ne pense pas à toi. Tu peux venir me voir. Tu dois venir !

Voilà ce que la première disait en substance. Les quatre autres étaient du même style mais elles étaient plus tendres. Je lui répondis aussitôt par méls et lettre et je l’appelai, tenant compte du décalage horaire. Il fut bavard. Sa voix me ravit.