homme vêtu et couché

Isée et Philip Hammer jouent: des mots, des rencontres érotiques...

Je me sentis piteuse mais quelques jours plus tard, me rattrapai. Je lui avais lâché de nouveaux mots : « cinéma lointain, salle obscure, attouchements, sexe ». Il les apprécia. Je me promis alors de lui envoyer un bon texte.

Je décidai une après-midi où je ne travaillais pas d’aller voir un film érotique japonais projeté dans une petite salle d’art et d’essai très loin de chez moi. Je ne souviens plus du réalisateur maintenant mais on m’avait parlé de ses films et j’étais curieuse de voir ce qu’il avait à nous dire sur les pensionnaires d’une maison close, au début du vingtième siècle, à Tokyo. Il me fallut bien quarante-cinq minutes pour trouver le cinéma et m’assoir dans la salle. Il n’y avait quasiment personne. Un mardi à quinze heures, un film oublié, un label « art et essai »…Qui pouvait-être là ? Le film commença et je tentai de m’y intéresser en vain. Un des rares spectateurs fit d’ailleurs mine de sortir en soupirant, ce qui me fit penser que je n’étais pas totalement stupide. Je me retournai : tout au fond, deux spectateurs se tenaient bien droit. A priori, ils étaient attentifs, eux. Celui qui était sorti revint, fit le tour de l’allée et vint s’assoir à côté de moi. C’était surprenant car il y avait de la place…

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Au bout de quelques minutes, ayant décroché du film mises à part les nombreuses scènes érotiques (voire même pornographiques), je sentis que l’excitation s’emparait de moi. Oui, c’était là un vrai trouble physique lié à la crudité des scènes présentées…Mon voisin en eut- il conscience ? Ou est-ce son étrange immobilisme qui le déclencha, sachant qu’il me jetait des regards de biais ? Je ne sais. Toujours est-il que je fus à demi-surprise quand je sentis sa main sur mon genou. Elle resta immobile un moment puis lentement mais surement remonta le long de ma cuisse. Je l’arrêtai deux fois mais c’était pour la forme. Sa main continua donc sa progression et s’arrêta au haut de ma cuisse. Je portais des bas qui tenaient tout seul, ce qui lui facilita la tête. Trois doigts effilés soulevèrent le bord de ma culotte et je fus atteinte…Je ne suis vraiment pas quelqu’un d’aguerri. J’ai peu de souvenirs semblables. Avant Paul, j’avais eu deux liaisons assez stables mais j’étais très jeune…Les aventures, j’en avais eu très peu et aucune depuis longtemps. Zacharie n’en était pas une…