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A la demande de Philip Hammer, Isée  a des aventures.

Les mots « Exposition, promeneur, fuite discrète » furent avancés et ils le laissèrent dubitatif. Il préféra utiliser le terme « faux-fuyant », plus littéraire et élégant. J’avais donc un nouveau projet en tête. Une nouvelle année scolaire s’ouvrait et je souhaitais que ces aventures l’illuminent. Parallèlement, bien sûr, Zacharie et moi échangions beaucoup et je ne désespérais pas de le revoir.

Un mois passa. Au Grand-Palais, m’étant rendue à un hommage aux Cubistes, je rencontrai un Allemand avec lequel je passai la nuit. Il s’appelait Christian, comme le médecin qui ne pouvait m’emmener à son hôtel et bien sûr cela me fit sourire. Il était en crise de couple, était venu à Paris « pour respirer » et avait envie de femmes. Il aimait les Françaises. Il commença à m’expliquer que j’étais la cinquième qu’il rencontrait en très peu de temps, se sentit maladroit et ne sut que faire. S’enlacer et faire l’amour s’avéraient le meilleur remède à ses interrogations, selon moi et c’est ce que nous fîmes. Ce fut tendre et plutôt bien sans être tonitruant comme avec le précédent dont le prénom, Jean-Albert, était déjà tout un programme…A l’aube, il prétexta qu’il devait juste descendre pour chercher du liquide avec sa carte bancaire. C’était plausible mais il ne revint pas. De guerre lasse, je quittai l’hôtel et lui laissai un mot gentil. En soi, c’était une aventure plutôt triste mais je la transformai en histoire douce-amère. Cet homme, en me quittant ainsi, me rendait dépositaire d’une tristesse que j’étais seule à pouvoir décrire dans toute son opacité. Je rédigeai donc un texte mélancolique où deux êtres qui, de façon diffuse, se comprenaient, ne se rencontraient pas vraiment. Je mis du temps à le parfaire et à le lui envoyer. Il le toucha. Il trouva « intéressante » ma nuit avec Christian Hoffman, un homme qui manifestement avait peur de son futur et qui ne savait pas trop quoi faire de la tendresse qu’il avait à donner, ne pouvait être qu’attachant. La description que je faisais de cet Allemand en faisait un grand homme blond au physique athlétique et à l’assez beau visage inquiet. Il comprenait que je n’aie pu le revoir, sa dérobade rendant toute tentative de second rendez-vous impossible mais il le regrettait. Suivant sa théorie, les hommes tristes font de bons amants pour les femmes peut-être parce qu’ils croient leur sexualité perdue. Ils veulent donner un plaisir fort à celle qui est dans leur lit, comme si l’expérience n’allait pas se reproduire. J’appréciai ce qu’il m’écrivit sans confirmer ou infirmer ce qu’il disait. Je n’avais jamais rencontré d’hommes aussi désemparés que Christian. Peut-être plus tard, en ayant rencontré un autre, saurais-je quoi lui dire pour qu’il ne parte pas à l’aube « chercher du liquide. »