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La première fois qu’elle a vu Bruno, elle avait juste dix-sept et un bac littéraire en poche, « mention bien ». C’était une soirée de juillet dans le hall d’une résidence universitaire et se réunissaient là ceux qui sortaient « enfin » du lycée et ceux qui en étaient sortis pour mieux y rester puisqu’inscrits en classes préparatoires. Et puis, il y avait quelques nostalgiques : des étudiants de grandes écoles qui ne voulant se sentir « vieux », souhaitaient rejoindre une des ces soirées qu’ils avaient aimé les années précédentes. Il était difficile de les repérer d’emblée puisque la fête organisée ce soir-là rassemblait beaucoup de monde. Et du reste, Marianne au départ n’avait même pas pris garde à leur présence. Elle était venue avec quinze élèves de sa classe de terminale, majoritairement des filles, et avait tenu à être extrêmement jolie. Elle portait un corsage rouge à petits motifs blancs et une jupe blanche qui tournoyait autour de ses chevilles. Elle avait mis l’accent sur ses yeux, fardés de brun et ourlés de khôl et sur ses joues, rosies par un beau fard. Les lèvres, elles, étaient nues. Comme parfum, elle avait choisi une eau discrète aux dominantes fruitées, le muguet dominant. En fait, elle se voulait paradoxale. A la fois très jeune fille et séductrice, réservée et enjôleuse. Un corsage un peu ouvert et une jupe qui dévoilerait ses jambes quand elle danserait et en même temps feraient d’elle une jeune fille libre car très bien faite et mise en valeur. Mais il ferait beau voir de l’approcher de trop près et de chercher à la séduire car, consciente de sa beauté et de sa valeur, Marianne ne saurait céder à n’importe qui…

Elle est donc venue à cette soirée avec ses amies de l’époque : Louise, Véronique, Gaëlle, Sylvia et Julie. Elles ont passé une année de terminale ensemble à bûcher l’anglais, l’italien, le latin et la philosophie. Elles ont lu scrupuleusement les auteurs français et étrangers que leur conseillait leur professeur de lettres, cette femme étrangement anachronique et laide qui possédait, outre une culture classique imposante, un abattage peu commun car passionné en restant hautain et distancé. Elles sont donc arrivées là, toutes heureuses de leur premier diplôme et désireuses de vivre un bel été. Conscientes d’être jeunes et plus ou moins jolies, conscientes qu’en face d’elle se mouvait un public masculin d’apparence distraite mais concerné par ce qu’elles pouvaient offrir de beauté et de plaisir.

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Marianne se souvient qu’après une prise de contact rapide avec les uns et les autres, une sangria généreuse a changé l’atmosphère. Il a fait soudain plus chaud et les langues se sont déliées ; les langues et les appétits. Dansant avec l’un puis l’autre le rock qu’elle maitrisait mal puis ces danses informes que tous pouvaient maitriser, elle a vu Sylvia s’ingénier à garder le même cavalier et Véronique faire de même. Au début, cela l’a amusé. Ensuite, elle a trouvé saumâtre de comprendre que ces amies cherchaient des recoins sombres pour se faire embrasser et caresser. Non qu’elle n’en eût pas envie elle-même ! Mais il fallait tout de même que cela vaille la peine…

Elle n’a pas vu tout de suite Bruno. Mais bientôt, ses yeux se sont portés sur lui. Il était grand et très mince, un peu gauche et très brun. On ne pouvait dire qu’il était beau mais à coup sûr, son maintien de grand garçon un peu voûté et son long visage harmonieux entouré de cheveux naturellement épais et bouclés lui conféraient un charme adolescent particulier.

Pourquoi l’a-t’elle voulu, lui ? Elle ne sait le dire. Mais cela est certain, elle a désiré qu’il vienne vers elle. Et il est venu. Alors, comme il lui demandait si elle voulait danser, elle a compris à quoi pourrait servir le corsage ajusté et la jupe qu’elle avait choisis. Le corsage dévoilerait juste ce qu’il faut de ses beaux seins. Les suggérant sans les offrir, il les rendrait objet de désir tout en la laissant pour ce qu’elle était : une jeune fille pure. Quant à la jupe, elle serait enveloppante au début puis virevoltante sans jamais montrer toute la jambe. Il s’agissait bien sûr de suggérer en laissant voir et Marianne savait ses chevilles fines et ses cuisses longues et fermes, attirantes par leur fermeté et leur fin duvet. Quant au reste de son corps, elle ne savait se prononcer puisque de la douceur tiède de son sexe n’était jusque là perceptible qu’à elle et que du plaisir, elle n’avait que son propre ressenti.

Une danse, une autre.