mariage

Bientôt, ils s’apprivoisent, les inhibitions tombant, bientôt, ils ont hâte de se rejoindre. IIs couchent longtemps et beaucoup. Elle étudie à Paris où elle réussit bien sans grande motivation tandis qu’il poursuit dans son école vétérinaire, son cycle d’études. Elle a dix-huit-ans, lui vingt. Elle est très confiante car il l’aime et ne sait mentir. Il dispose d’une famille puritaine qui se porte dans ces temps-là au secours d’un parent vieillissant, très atteint par une maladie orpheline. Les samedis, on disparaît pour revenir le dimanche soir. Il en profite pour la faire venir dans cette maison austère où dans sa chambre d’adolescent élevé sévèrement, il la possède. Elle geint et crie comme il crie lui-même. C’est un vrai plaisir et un vrai amour. Du reste, il lui dit qu’il l’aime et à cette déclaration, elle en oppose une autre : elle  veut que ce qui les lie soit durable et partagé. Il l’assure qu’il en est ainsi et elle sourit, certaine d’elle-même et de son attachement. Les mois passent, les rendez-vous se succèdent. L’amour physique les aimante. Le lien est fort.

Vient le moment où elle veut davantage de lui. Ils sont jeunes, leur union est pure, ils peuvent se marier.

Bruno est enthousiaste mais ces études ne sont pas terminées et de fait, sa famille fera obstacle. Marianne insiste sans succès puis trouve sur sa route la réponse à sa demande : elle est enceinte. Les saignements se sont arrêté, elle ne peut dire rien de plus. Sa famille n’est pas aussi fermée que celle de Bruno mais entre largesse d’esprit aux regards des mœurs d’une époque en pleine mutation et acceptation d’une situation conflictuelle dans le strict cadre familiale, il y a une nuance de choix. A son père, Marianne n’a rien dit. Son travail l’amenant à se déplacer beaucoup, il est peu contrôleur. A sa mère, elle a dit Bruno. Celle-ci s’est montrée heureuse d’un amour fort et absolu. Elle est fière que sa fille aime à ce point. Mais, la donne est changée maintenant…

Téléphonant à Sylvia et Véronique avec lesquelles elle est restée en contact, elle s’entend dire qu’elle doit se marier. C’est la meilleure des solutions puisqu’elle aime et est aimée.

L’aveu à Bruno est difficile. Il lui coûte des larmes. Le jeune homme, bouleversé, jure qu’il ne déviera pas de ses convictions et épousera sa bien-aimée. Mal influencée par sa mère et ses amies, Elle doute de lui jusqu’à ce que parvienne une demande en mariage en bonne et due forme, telle que n’en aurait rêvé le dix-neuvième siècle. Elle est attendue comme épouse. Alors, il faut sourire et se préparer et faire vite.

De l’acceptation de la famille de Bruno, Marianne ne sait rien. Elle se borne à constater que le mariage se profile vite et bien. Trois mois ne sont pas écoulés qu’elle est à l’église, diaphane dans une robe de dentelle blanche, les cheveux coiffés en chignon, des perles au cou et à la main, un bouquet de grand lys blancs. Bruno, de voir vêtu, est radieux.