screen-shot-2017-08-04-at-07-19-10

Chapitre 4 : Pénétrée

 Nuit 26 est cloîtrée par MOnsieur et cette vie lui plaît. Elle se donne, il la donne. 

Je sais ce que vous penserez : j’avais avec elle un étrange mode de fonctionnement. La pénétrer avec des simulacres de pénis en latex ou en verre et s’abstenir de tout « vrais contacts » ! , Il faut être malsain, aimer gruger l’autre ou encore avoir des doutes sur ses propres capacités érotiques…Evidemment, on peut, à l’infini, discourir, surtout quand on n’y connait rien…

Anna devenue Nuit à la fois parce qu’elle aimait les heures où règnent la lune, les ténèbres et la fraicheur et parce qu’elle se sentait depuis longtemps « nocturne », obtenait ce qu’elle demandait sans le formuler et son acceptation me remplissait de joie…

Bien entendu, il n’était écrit que la situation ne devait pas se modifier.

Elle se modifia.

Un soir que je rentrais un peu tard, je priai Nuit de venir dans le salon et de s’y tenir droite, la jupe relevée. Son pubis soigneusement rasée m’apparut et me troubla. La poussant contre la table où souvent je recevais des amis et convives,  je la fis basculer. Je la pris le buste écrasé contre le bois de la table et les jambes écartées. Je crois que ses seins lui faisaient un peu mal et que pour me plaire, elle se gardait de tout mouvement. Il n’en demeure pas moins que l’entreprise fut belle ! Renouer ainsi avec elle ! Sentir ses chairs s’ouvrir tandis que ma queue se frayait un passage…

Je me souviens que, voulant sans doute être fidèle aux lectures particulières que j’avais faites, le mis une main sur son épaule alors que l’autre était posée sur sa hanche. L’idée était qu’elle pouvait tenter de se dérober, ce qui, bien sûr, était difficilement envisageable…

Après être allé et venu en elle, je jouis. Elle n’avait pas eu d’orgasme elle-même de sorte que je dus m’y reprendre à deux fois…

Elle, la belle captive, se plie et se tord.

Dans le plaisir, elle se laisse aller ; en dehors de lui, elle se tient silencieuse, comme contrainte.

Lui, le Dominant, guette et dirige. Quand il est satisfait, il le montre à sa soumise ; sinon, il offre un visage tendu et inquiet.

Ce jour- là, je fus souriant et elle se sentit récompensée.

Une nouvelle ère s’ouvrit donc : celle des vraies pénétrations, les autres ayant été décrétées fausses par le qu’en dira t’-on. Nuit fut d’emblée conquise. Imaginez donc !

Nue, livrée, dans le salon, elle offre un corps et un visage exquis tandis que je la prends sur le canapé ou la moquette.

Le collier et la laisse sont là ; Le collier est, semble t’il, moins serré et la laisse, de peu d’usage. C’est une première image.

Vêtue d’une belle robe noire, elle est troussée et sodomisée ; c’est une seconde image à laquelle il faut ajouter la sensualité de l’étoffe que l’on relève car elle produit, tandis qu’on la froisse, un très joli bruit feutré ainsi que diverses odeurs. Nuit, excitée, devient plus parfumée comme si son corps, ainsi sollicité, répondait à une demande. Je ne sais bien définir les senteurs qu’elle répand. Elles ne sont pas toujours discrètes. De la cannelle, peut –être, du vétiver ou de l’ylang-ylang…

Le corps à la fois souligné et enserré par un corset qui lui remonte les seins, Nuit est prise par tous les orifices.

C’est une troisième image et celle-ci me plait.

Bien sûr, il y a les difficultés qui, parfois, surviennent. Nuit ne jouit pas vite ou encore, c’est moi qui ne parvient pas assez vite à mes fins.

Mais qu’importe !

Nuit sort de sa chambre monacale pour me plaire. Le petit bureau est pour le moment condamné car lié aux « expérimentations ». Le salon est notre théâtre. Elle se donne. Je la remplis d’objets qu’elle ne doit pas contenir longtemps en elle. Je l’en débarrasse pour le prendre. Elle est contente.

Incandescente, elle porte un harnais.

Trouble, elle a dans son anus, un simulacre obscène.

Lumineuse, elle a les yeux bandés et se tient à genoux.

Enfin, déterminée et obéissante, elle est sur moi et me chevauche. Cette posture, que je contrôle, me plait infiniment. Elle est plus étroite ainsi et je me sens plus fort. Sur moi, Nuit bouge. Il faut bien qu’elle me guide en elle et que je fasse de même : sinon, où irions-nous ?

Elle va et vient et crie.

Je bouge et crie.

Cela dure t’il des semaines ? Oui

C’est un grand présent….

De ce présent, il fallut bien sortir. Les images sont merveilleuses car elles sont belles et fortes. Mentalement, elles me séduisirent car, dans l’espace étroit où existait ma relation avec Nuit, elle me donnait un rôle extravagant. Mais il me fallait travailler, garder une vie sociale, faire tenir mon appartement…

En premier lieu, je déchargeai ma belle soumise de nombreuses tâches domestiques auxquelles je l’avais assujettie  car je souhaitais revenir aux services d’une « Martha » que j’avais employée. De fait, Nuit se trouva plus oisive. Ensuite, je repris un rythme d’invitation que j’avais longtemps tenu et avait interrompu quand elle était entrée chez moi. Vinrent les Dubois, un couple de chercheurs en biologie, que j’aimais bien. Vinrent Monica, la journaliste et son compagnon, Vincent, le jeune médecin. Vinrent des collègues de travail. Vinrent Benoît et Jeanne, les seuls amis que j’aie pu garder de ma lointaine adolescence.

Et d’autres.

Il fallait bien être dans le réel. Martha faisait à dîner. Le vendredi ou le samedi, je recevais et l’on dégustait sa délicieuse cuisine.

Et Nuit, me direz-vous ? Où était-elle ?

Je la cantonnais dans sa chambre. Elle avait beaucoup d’exercices, qu’elle faisait et se taisait. Le silence lui étant imposé, elle ne dévia pas et elle mit son honneur à ne pas se manifester, un temps durant.

Je recevais, je riais, j’écoutais, je me manifestais.

Elle entendait tout.

Elle ne disait rien.

Martha officiant, les convives riants, mon beau salon envahi, cela dut lui déplaire au bout d’un moment.

Un soir, Monica ayant ri très fort à une blague un peu salace qui visait sa très belle anatomie, elle toussa. Une première fois puis une seconde, cela passa inaperçu ; une troisième, il fut évident que cela venait d’une personne extérieure à la salle.

On me questionna ; j’esquivai.

On se remit à rire et à parler. On fit de nouvelles plaisanteries.

Elle toussa à nouveau, nerveusement. L’assemblée fut mal à l’aise et partagée. Comme j’éludais les questions qu’on me posait, on me quitta mi amical mi gêné et je fus mal à l’aise.

Jour après jour, je possédai encore Nuit.

L’incident se renouvela pourtant et mes invités, qui n’étaient pas les mêmes, furent également partagés et surpris.

Ce nouvel incident mit fin, je crois, à la réclusion de Nuit. Je décidai d’y mettre fin et, pour ne pas qu’elle se mette en tête que je la dominais plus, je décrétais qu’elle serait livrée à d’autres et ceci pour un temps indéterminé ; ainsi, elle ne serait pas toujours à demeure…

Je crois qu’à cette époque, elle était assez hors d’elle-même et ne pouvait comprendre que sa jalousie dérangeait à ce point ma tranquillité sociale qu’il ne fallait pas qu’elle durât plus. Elle pensait à une petite fâcherie.

Il n’en était rien, comme on va le voir.

En attendant, elle restait captive et délicieuse.

Je la prenais.

C’était bon.

Et puis, les autres vinrent : ceux qui pouvaient disposer d’elle. Ce fut très agréable, pour elle auusi, je crois...