femme de PROFIL

Chapitre 4. Sylvie retrouve à Berlin, l'étrange Mylène, celle par qui tout a commencé...

Pourquoi, à peine réveillée, comprenait-elle qu’elle n’aurait plus la même vie ? Impossible de le dire. Elle trouva une cabine téléphonique pour appeler Xavier car elle ne pouvait le faire de l’hôtel. Il fut ravi de l’entendre mais elle le sentit mal à l’aise ou peut-être ne l’entendait-il pas très bien.

-Un monde nouveau ! Voilà, c’est une émergence !

-Oui, on le dit à la télévision, ici ! Et c’est dans les journaux …

-C’est différent d’y être !

-Certainement ! Mais dis-moi, l’Allemagne pourrait se réunifier. Vas-tu rester pour voir cela ?

-J’adorerais !

-Tes parents communistes ?

-Il faudra bien qu’ils acceptent que leur rêve s’effondre. Ce sera dur pour eux. Mais enfin, le Glasnost, ça fait un moment…

-Pauvre PCF !

-Xavier…

-Et pauvre Sylvie…Tu te heurtes à des désillusions !

-Je vais bien.

-Ton travail est en France : rentre. Et je t’aime, en plus.

-Je t’aime aussi.

Elle prit deux ou trois cafés chez de « petits Turcs » et acheta la presse allemande. C’était incroyable. Forte de ce qu’elle lisait, elle fonça en taxi à l’Alliance française et ne lâcha rien avant d’avoir obtenu les coordonnées de Mylène Lhermann. Le coup de la « vieille copine » fonctionnait à merveille. Elle prit un taxi pour Spandau et s’étonna que son « amie » se fût installée dans un quartier pareil. Il était célèbre pour sa prison où Rudolph Hess avait fini ses jours. Une belle villa des années trente, de hautes grilles, un gardien qui semblait sortir de la SS et deux énormes chiens danois, c’était parfait. Mademoiselle Lhermann aimait la mise en scène. Sylvie s’annonça à l’interphone et provoqua un grave dilemme. Devait-on ou non la laisser entrer ? Finalement, les portes s’ouvrirent. On l’accompagna sur le seuil d’une superbe demeure. Elle pensa à Paula la veille : Darling ? Sunset boulevard ? Elles s’étaient perdues dans la foule. Il faudrait qu’elle l’appelle.

Ce ne fut pas la jeune femme attendue qui accueillit Sylvie mais un élégant quadragénaire au charme très français.

-Mademoiselle ?

-Benoit. J’ai enseigné avec Mylène dans le nord de la France. Un lycée.

-Sans doute. De passage à Berlin ?

-Le Mur !

-Ah oui, ce tapage…Pour ce qu’ils vont gagner…

-Sortez de chez vous, allez les voir et dites-le leur !

-Amusant.

-Mylène dort ?

-Non, elle se fait masser.

-Je voudrais lui parler.

-Rappelez-moi votre nom…

Il mit longtemps à réapparaître puis il fit asseoir dans un petit salon où Mylène finit par entrer. Elle portait un tailleur gris et noir, était très bien coiffée et maquillée et utilisait un fume-cigarette. Croissant haut les jambes, elle s’assit dans une grande bergère blanche.

-Tout change : je te l’avais dit.

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-Oui, Berlin…Pierre-François sera bientôt en poste à Moscou et je le suivrai. Ils s’agitent ? Tout retombera, tu verras. Ils l’auront leur « Allemagne réunifiée » et à ce moment-là, ils feront le compte des perdants et des gagnants.

-Ne sors-tu pas ?

-Pour voir ça : grands dieux, non !

-C’est comme une révolution : on fraternise.

-Je n’aime pas les « révolutions ». Celui qui « fraternise » aujourd’hui, pour reprendre ton expression, déchirera demain celui-là-même à qui il souriait.

-Tu préfères les tsars, les kaisers, les Führer ?

-Mais certainement.

Elle était lointaine et glaciale. Trempant ses lèvres dans un verre d’eau minérale, elle sonda Sylvie.

-Mais quittons la politique et l'actualité. Bon, tes amours...Revu Hans-Herman et repris ton éducation ?

-Il n'en a plus la charge. Du reste, pourquoi serait-il le seul ? D’autres peuvent s’en charger : cette nuit, il y en a eu un.

-Très bien. Je vois que mes questions ne t’embarrassent plus autant ! Bon, un amant épisodique…C’est très bien. Il t’a bien traitée ?

-Oui.

-Et tu as un compagnon, il me semble...

-Oui.

-Oh mais voilà qui m’intéresse ! Quelle évolution, Sylvie, quelle évolution ! Dis-moi, tu resteras avec lui ?

-Je le pensais mais depuis quelques jours, j’en doute. Je crois que je vais changer de vie. Pourtant, c’est un jeune homme aimant et attentif…

-Bravo !

-Tu es bien moqueuse ! Mais et toi, as-tu modifié ton mode de vie ? On dirait que oui.

-En effet. Pierre-François Delalonge vient d’une famille très nantie. Ile de France. Il a demandé ma main. Nous nous marierons…

-Très bien.

-Je ne t’offre pas de prendre un verre. L’alcool, vois-tu, c’est si peuple ! Non, je fume plutôt, je mâche, je m’injecte…

-Mylène !

-Oh, je vis ma vie et fais des expériences. Je ne suis pas l’héroïne d’un roman noir, tout de même ! Héroïne…très amusant ! Un jeu de mots !

-Tu sais quand même que ça peut devenir dangereux…

-Mais oui ! Chacun ses raisons d’être une des villes les plus alternatives du monde ! Toi, tu es pure et dure. Un mur, tu es venue pour un mur ! Ah, Sylvie ! Il fallait t’inventer…Il y a tant de murs, de parois, de barrières, de portails, de portes fermées…

-Celui-ci empêche tous les habitants d’un même pays de fonctionner de la même manière. C’est injuste et c’est criminel. D’autres murs ? Peut-être… Ils ne sont pas tous validés par de telles complicités politiques ! Il y a eu cinq cent morts…

-Pauvres petits qui ont quand même voulu gagner l’ouest ! Oui, j’ai vu ça ! Mais quelle inventivité pour passer du « bon » côté !

-Et tu ironises ! L’absence de liberté individuelle ne m’a pas dérangée pendant des années et j’ai vécu comme si rien de tout cela n’était vrai ; mais je me suis réveillée…

-Je peux t’aider ?

-A continuer d’avancer ? Je suis mon chemin propre. Il est difficile…Non, Mylène, tu ne peux rien faire  mais tu mérites qu’on te retourne la question…

-Me venir en aide ? Non ! J’aime les trajectoires solitaires et on est trop différentes. Dis-moi : je suis blonde platine, tu aimes ?

-Oui, en même temps, tu as maigri.

-Minci.

-D’accord.

-La fumée, la fumée…On s’en lasse. Dans les veines, c’est un tohu-bohu…Pierre-François craint que je m’ennuie en Russie. Je ne sais pas moi…Il paraît qu’on trouve de tout si tant qu'on fasse partie d'une certaine élite. Je lui fais confiance. Nous vivrons bien. Il me couvre de cadeaux de toutes sortes, c’est magnifique, non ?

-Il sait que tu te piques?

-Oui et non. Il est sûr de lui. Je peux décrocher.

Sylvie restait circonspecte. Moulée dans son tailleur, Mylène était à son avantage, ses bas gris et ses talons aiguilles renforçant son élégance. Elle portait à son poignet une montre suisse très coûteuse et à son cou, un solitaire qui brillait discrètement entre ses seins, au bout d’une chainette.

-Comment fait-on en Russie ? C'est ce que tu demandes...

-L'effondrement du Mur et la réunification vont jouer leur rôle. Tout cet univers va s'effondrer comme un château de cartes. J'en suis heureuse et tout à la fois très surprise. Tout va si vite et cet empire de l'est semblait si solide ! 

-Sylvie ! Ils remettront un tsar, tu verras…

-Le Mur est tombé…

Mylène n'avait manifestement pas envie de rester davantage au contact de cette jeune femme qu'elle avait cru si malléable et crédule. Sentir à quel point Sylvie avait changé l'irritait. Voilà quelqu'un qui s'était révélé bien incapable d'initiatives et qui, tout un coup, montrait un aspect volontaire d'elle-même, jusque là ignoré. Quant à son engagement politique et à ses prises de position, là, c'était insoutenable. Elle coupa court. 

-Tu es sans doute pressé. Je vais dire à Pierre-François de faire le nécessaire pour les chiens…C’est qu’il faut faire attention. Je ne voudrais qu'ils t'ennuient quand tu quittes les lieux ! 

Sylvie pouvait admettre qu'embarrassée, Mylène eût envie qu'elle parte mais pas qu'amoureuse de l'Allemagne, elle fut si peu concernée par ce qui se passait. Elle insista donc :

-Cent cinquante- cinq kilomètres de long ! Peux-tu imaginer qu’on puisse couper une ville en deux, un pays en deux ! Hauteur du mur : trois mètres soixante. Trois cent deux tours de contrôle, deux cent cinquante- neuf chiens de gardes, quatre- vingt treize miradors, vingt bunkers…

-Et, à l'époque, Kennedy qui s’indigne alors qu’intérieurement il rigole !

-Il rigole ? Non, je ne pense pas.

-Evidemment ! Il adore ça les deux blocs. Que de facilités ça lui donne…Qu’en penses-tu ?

-Kennedy redoutait le Communisme. c'était l'époque. Ce dont je te parle est bien plus nouveau, bien plus capital...

-Stop. Je préfère évoquer ces deux hommes sur lesquels tu as dû tellement fantasmer. Tu sais quoi, j'ai un de ses blousons ! Oui, tu sais, la petite pute-là…Andréa…C’est que sa famille était à l’est. Il a fait le fou et on l’a tué. Son blouson est tâché de sang et tout déchiré ! Le Mur, c’est qu’il en est mort…

-Qu’est-ce que tu racontes ?Andréa est mort ?

-Mais non, je dis n’importe-quoi…Et l’autre, le beau restaurateu qui était son maquereau en plus ! Sylvie, le beau jeune homme qui vendait ses charmes avait un protecteur.

-C'est de mauvais goût.

- Bon, d'accord. Je ne les ai pas revus. Hum…En tout cas, trouve-les tous les deux et on en reparlera ensuite de tes « idéaux révolutionnaires »…

-Je ne vais pas rester si longtemps…Je dois reprendre mon travail.

-D’enseignante ?

-De quoi d’autre ?

-Ah, je ne sais pas. Tu nous prends un côté Rosa Luxembourg…

-Que tu es moqueuse et c’est sans raison !

-Pas d’accord : tu es une révolutionnaire !

-Eh bien, au moins, avec toi, je change sans cesse de rôle…

-Sans cesse : non. Tu n’en as pas eu tant que cela ! Jeune fille un peu godiche puis jeune femme disons…

-Ne termine pas cette phrase.

-Soit. En tout cas, là, tu es exaltante ! Une révolutionnaire…

-Je suis convaincante ? C’est cela que tu me dis ?

-Oui, avec moi, ton ancienne amie, tu ronges ton frein mais dans une rue où tout le monde vocifère, c’est parfait ! Tu es prête à monter sur une barricade et à hurler : Berlinois, en avant !

-Devenir audacieuse…Je le voudrais !

-Mais, tu vas voir : bute-toi contre Günther et prends la mesure de son charme. Et quant à l’autre,  taquine-le un peu ! Allez, Sylvie…Une révolutionnaire, ça gagne pas bien sa vie mais ils sont si bizarres, les deux que tu feras une raison. L’argent, il faudra le trouver. Tu le prendras là où il est. Tu taperas ton « compagnon français ». Il gobera tout pour peu que tu saches d’y prendre et alors là…Attention…Ils sont si beaux et si rusés ! Franchement, j’ai adoré avec eux. Mi- anges, mi- bêtes…Mais comment ils s’y prennent ! On l’a fait à trois : un pur délice ! Tu n’auras pas d’autre choix : tu les voudras l’un et l’autre ! La pureté, la liberté, les idéaux, tu verras, ma belle ! Tout est si relatif !

-Relatif ?

-Ils ont de très belles fesses. Fais-toi prendre par eux ! Alors, ta  révolution…

Comme elle partait d’un rire sans fin, Sylvie tomba sur le diplomate français qui les avait laissées seules et sortait de son bureau. Elle lui demanda de pouvoir dignement quitter les lieux. Avec hauteur, il lui dit :

-Vous enseigniez avec Mylène, dites-vous ? Elle est de haut vol. Un esprit libre…

-Je suis différente d’elle. Etre ordinaire ne me dérange pas.

-Vous êtes sûre ? Il est toujours difficile…

-De ressembler à tout le monde ? Tant mieux, moi, ça me plaît !

-Pourquoi ?

-Je suis comme tous ces anonymes qui voient enfin tomber ce Mur qui hantait leurs nuits et je suis heureuse de tous ceux qui s’interpellent, se découvrent, se sourient…

-Vous m’en direz-tant…

-Au revoir monsieur Delalonge. Mes respects à votre future épouse.

Dans la cour, les deux grands danois lui jetèrent un regard patibulaire et la porte se referma derrière elle avec un étrange grincement. Il n’y avait pas de taxi et elle dut attendre longuement dans un quartier antipathique. Au final, elle appela Paula qui lui diligenta un « ami à elle » haut en couleurs. Au volant d’une Volkswagen antédiluvienne, un Turc entre deux âges coiffé d’une énorme casquette rouge la ramena à son « vrai » hôtel. Arrivée à bon port, elle regarda la télévision puis appela Jürgen. Elle pensait tomber sur son répondeur mais il était là au bout du fil, pas farouche du tout. Deux heures après, il était au lit avec elle. Il lui avait montré des photos de sa femme et de ses enfants. Physiquement, il lui convenait mieux que Hans Herman et la satisfaisait bien plus que Xavier. Les cloisons, dans sa tête, n’étaient pas étanches. Il respectait sa femme et resterait avec elle à cause des enfants. Pour le sexe, Sylvie lui plaisait. Elle était très naturelle. Il adorait qu’elle parlât un allemand parfait. Dans l’amour physique, il est parfois précieux de pouvoir s’exprimer oralement. Il le faisait avec elle spontanément et il la trouvait bienveillante, gentille.

Il ne dormit pas avec elle mais l’embrassa sur les joues en la quittant. Elle le retint cependant :

-Tu sais, j’ai revu une Française que je croyais bien aimer aujourd’hui. Elle est avec un type de l’Ambassade. Une huile, à priori.

-Fille plus trop sympa ?

-Non, elle me prend de haut. En même temps, elle a fait allusion à des comprimés, des piqures…Tu vois…

-Une apprentie camée qui a de l’argent…

-Je ne sais pas. Elle a l’air d’essayer pas mal de choses. C’est peut-peut-être passager. Lui occupe un poste important. Ils partent à Moscou.

-Tiens tes distances.

-Elle m’a fait peur.

-Raison de plus. Si elle devient toxico, ce qui nous concerne nous, elle s’en fout.

Elle était inquiète mais la fatigue aidant, elle s’endormit tout de même. Au matin, elle de nouveau appela Xavier à qui elle ne rapporta que les faits les plus saillants de sa journée. Elle était terre à terre et convaincante et il accueillit avec bienveillance tout ce qu’elle disait. Ils étaient encore jeunes et elle avait le droit d’être curieuse. Il la voulait pour femme. Au moins, elle ne pourrait lui reprocher de l’avoir bridée. Son cœur se serra tandis qu’elle lui parlait. Il tomberait de haut, elle le savait.

En attendant, elle décida d’être sage et le fut trois jours durant. Marchant dans Berlin, elle prenait des notes et des photos. Elle en profita pour réviser ses leçons d’histoire, pas celles qui étaient apparues dans ses cahiers de lycéenne mais celles qu’elles s’étaient forgées dans sa tête, malgré ses parents. Pendant la nuit du 12 au 13 août 1961, les soldats de l'Allemagne de l'Est et les Soviétiques  avaient construit un « mur » à la limite des deux parties de la ville Berlin afin de stopper la fuite des Est-Berlinois vers l'Ouest. La première ébauche de mur n’avait guère été concluante mais sa construction s’accompagnait de mesures dissuasives : interdire à l’est de regarder ailleurs qu’à l’est, par exemple. A cet effet, les fenêtres des immeubles voisins de la zone du mur avaient été  murées afin d'empêcher les gens de communiquer avec l'Ouest. Les immeubles avaient été évacués de leurs habitants pour éviter la construction de tunnels d'évasion. Une palissade de planches était destinée à couper la vue et à gêner les communications visuelles. Prendre des photos était peu concluant.  Au pied de cette palissade, on avait installé des plaques en métal hérissées de pointes acérées appelées le « gazon de Staline ». Suivaient une zone découverte minée, et un dispositif formé de rails entrecroisés appelé  chevaux de frise. Il avait pour but d’interdire le passage en force de véhicules automobiles. Une route longeait le mur et permettait l'intervention rapide des forces de police est-allemandes. Le mur formé de plaques préfabriquées était couronné d'un demi-cercle en béton qui rendait quasi impossible l'accrochage des fugitifs ayant réussi à atteindre cette partie du « mur ». Des miradors éclairaient la zone la nuit. Ils étaient installés à intervalles réguliers. Dans les miradors se tenaient des forces de police et des soldats est-allemands ayant reçu l'ordre de tirer sur tous les fugitifs. La nuit le tout était illuminé. Malgré cela, elle le savait, des fugitifs épris de liberté avaient fait preuve d’une imagination sans limite et certains avaient réussi à s’enfuir. Les parents de Sylvie avaient des œillères. Loin de justifier l’existence du mur et sa pérennité, ils l’avaient vu comme le garant de deux modèles de liberté. L’un, évidemment, était condamné puisqu’il s’agissait du capitalisme. L’autre irait grandissant et il était bon, en ce sens, de mettre en garde les jeunes de l’est contre les illusions véhiculées par le libéralisme et le culte du soi ! Combien naïfs ils étaient ! Elle en avait conscience  mais elle avait aussi compris que des idéalistes tels que ses parents ne remettaient que parcimonieusement leurs convictions en question. Toujours ils se diraient qu’il s’agissait là d’une mauvaise passe historique. Le communisme, le vrai, renaîtrait de ses cendres et triompherait…

N’osant les appeler, elle leur écrivit et leur envoya des photos.

« Il est si émouvant de saisir l’expression de ces visages quand est enfin tombé cette surface opaque qui les opprimait ! Chers parents, ma vie va changer. Tout ce que je viens de voir la bouleverse ! Ainsi, l’oppression peut disparaître. Nous y avons cru si fort cette nuit-là et y croirons encore tant que le mot « liberté » aura un sens. Maintenant, comment les pays qui se sont fédérés pour « appartenir » à l’URSS évolueront ils ? Je n’en sais rien. Pas plus que je ne sais comment Allemands de l’est et de l’ouest réussiront à se parler et à construire ensemble une « autre » Allemagne ! Je veux rester et voir tout cela. J’envisage donc de m’installer à Berlin.»

Ils ne la crurent pas et Xavier, à qui elle finit par «écrire aussi, non plus :

-Ta lettre…Tu es lointaine, distante…

-C’est vrai.

-Que se passe- t’il ?

-Je ne sais pas.

-Pourquoi es-tu si exaltée ? Rentreras-tu ?

-Peut-être…