FOLON 1

 

GUILLAUME, LE NOUVEAU LOCATAIRE.

Un jeune homme isolé dans un grand ensemble remarque le manège érotique de sa voisine... 

 

OCTOBRE:

Me voilà installé dans mon nouvel appartement, dans une résidence ou il ne se passe pas grand-chose. Je viens d’avoir trente ans, âge que l’on décrit comme jeune encore, et qui l’est assurément. Je ne connais pas Bordeaux où je viens de m’installer pour raisons professionnelles. Je suis ingénieur en informatique. J’ai pris un emploi avec de bonnes garanties dans une région inconnue de moi pour montrer que je vais de l’avant et suis autonome. J’étais en Alsace avant. Ma famille et mes amis de longue date y sont restés. J’ai travaillé à Strasbourg et à Colmar, où j’ai fait mes premières armes. Je crois que j’aime les défis, c’est pourquoi je suis venu ici. Bordeaux, c’est une grosse ville atlantique, enfin, c’est l‘impression que j’en ai. Je suis un homme de l’est et je me sens un peu décalé dans ce nouvel univers. Heureusement, mon employeur est exigeant et ne cesse de me donner du travail. Je ne suis pas vraiment dérangé par le fait de ne pas rentrer dans l’appartement que j’ai loué vers vingt heures trente ou vingt et une heures, de regarder des films en boucle et de manger du poulet à l’orientale en barquette. Je me suis inscrit dans une salle de sport et je fais de la musculation deux fois par semaine. Quelques collègues m’ont déjà invité. Il paraît que je suis plaisant en société…Je crois que m’adressant à des gens qui n’ont pas quitté leur région, je crée l’événement en leur parlant de Strasbourg et des liens entre ma famille et l’Allemagne. Ma sœur vit à Berlin où elle est mariée et tout le monde dans ma famille est bilingue. Je parle anglais aussi mais là, je ne crée aucune surprise car ils le maitrisent aussi.

Non, je suis plein de retenue, c’est cela qui les intrigue.

Ils me charrient sur les filles.

Je n’en connais aucune, ici. Bien sûr, au début, ça ne m’a pas manqué car je travaillais beaucoup et me sentais pris par la nécessité de m’adapter rapidement à une nouvelle vie. Seulement maintenant, c’est différent. J’ai beau paraître détaché, je ne m’en moque pas. Je voudrais bien croiser la route d’une fille. Ne vous imaginez pas que je n’en ai pas connu, quand même ! J’ai eu pas mal de petites copines et puis, à Colmar, je suis sortie pendant deux ans avec Lise. On s’est séparés. Ensuite, à Strasbourg, j’ai eu une autre liaison longue. Solveig. Je l’aimais cette fille. Elle avait de la famille au Danemark et une vie compliquée, des parents compliqués. Enfin, je préfère ne rien dire. J’aurais bien passé des années avec une femme comme elle mais il y avait une fêlure, quelque chose, je ne sais pas. Elle vivait les derniers temps dans une sorte de dépression et puis, elle est partie. Elle est retournée là-bas. J’ai fait mine de bien le prendre mais enfin, je suis arrivé à Bordeaux où je n’avais au départ aucune chance d’atterrir. Alors, ça m’a bien aidé d’être très occupé et un temps, je n’ai eu qu’une sexualité solitaire. Je dois convenir que l’intérêt est quand même de jouir et que de ce côté-là, je préfère encore cette pratique à l’abstinence. Mais il n’est pas difficile aux petits malins en couple ou assez libres de leur temps pour avoir des aventures que faire l’amour avec une femme, c’est mieux. Evidemment que c’est mieux, mais actuellement, je suis sans perspectives. Enfin, il ne faut pas non plus voir tout en noir : ça fait juste deux mois que je suis ici.