toulouse

Avant son mariage, sa vie sexuelle s'est basée sur les prostituées. La frustration existe. Jeune homme, il faisait difficilement des rencontres. Jeunes ou moins jeunes, trop maigres ou trop rondes, joies ou non, ces filles l'ont aidé. Pendant son mariage, il est resté fidèle. Cela le surprend lui-même car son épouse aimait beaucoup de choses mais pas le sexe. Elle est vite devenue décourageante. Cependant, pour des raisons multiples, il s'est tenu à l'écart des « dames de petite vertu », des « putes », des « péripatéticiennes », comme on les appelle...

Dès les premiers temps de son divorce, il a mis en place les soirées à Toulouse. Il aime assez les mêmes filles pour les massages. Dans la rue, il préfère des filles différentes. Au fond, il se rend bien compte qu'il y a de grands avantages au « libre-service sexuel ». C'est pratique qu’il n’y ait pas de refus et que ça soit immédiat ; lui, ça lui semble plus simple ; il trouve que la difficulté est malsaine, dans la mesure où ça procède d’un ensemble d’attitudes, de faux semblants. Le plaisir qu'il a est souvent violent. Il est toujours poli et arrive à plaisanter avec les filles. L'argent ? Il le donne. Il n'a pas de problème avec cela. A un moment, ça a été plus difficile. Il a rencontré une femme dont il s'est épris et de nouveau, il s'est consacré à elle.

De part sa position sociale, il est tenu d'assister à certaines réunions, certains dîners. Il n'aime pas vraiment cela. Elle se trouvait là, un soir, lors d'un dîner ennuyeux. Il l'a trouvée intéressante et ils se sont revus. Le milieu dont il vient est tout simple et il ne le renie pas. Sa femme n'aimait pas qu'il ait eu des parents épiciers. C'était gênant et à cacher...Danièle avait une trajectoire identique : enfance difficile et belle ascension sociale. Elle avait plusieurs boutiques de vêtements de marque à Bordeaux et un bon chiffre d'affaires. Il sait qu'il a passé quatre années heureuses avec elle et regrette qu'elle soit partie au secours d'une de ses filles atteinte d'un cancer, dans le nord de la France. Elle téléphone souvent, ils se parlent sur internet et ils se retrouvent ça et là, à mi-route. Mais il dépore qu'elle ne soit plus aussi présente.

Contrairement à son épouse à qui il n'aurait pu parler, il s'est senti très en confiance avec cette nouvelle compagne, au point de risquer des confidences très intimes. Il était prêt à le faire quand quelque chose l'a retenu. Le bon sens, à n'en pas douter...En fait, il s'est maîtrise car il ne savait pas comment elle l’aurait pris. Elle se serait certainement cru obligée d’avoir la réaction stéréotypée qu’on a dans ces cas-là ; d’abord, de se fâcher, d’avoir une attitude méprisante, dénigrer, de rompre parce qu’il y va de son honneur etc. Jamais de se dire : bon, est-ce que c’était bien ? C’est dommage, je n’étais pas avec toi. Il n'en a rencontré très peu qui comprennent ça...

Maintenant que Danièle est loin, il se dit qu'il a peut-être été lâche...Mais la situation est plus simple puisque ces visites à Toulouse ont repris. Il est très content, très satisfait. Pour lui, il n'y a pas de mal à être un «client» et beaucoup d'hommes le sont potentiellement. Supprimer la prostitution, comme tant de « politiques » ou présumés-tels s'y emploient, est un leurre. Si on fait cela, on fait abstraction de beaucoup de choses. Il y a une méconnaissance de la nature psychologique, physique évidemment et des exigences spirituelles des genres de l’humanité. Il pense que les gens qui veulent interdire la prostitution interdisent en même temps la recherche spirituelle. Dans les deux cas, on cherche quelque chose d'ultime, on rencontre une part de souffrance et une part d'abandon...On ne profite pas tant que cela car les fulgurances sont courtes et on fait une démarche solitaire face à quelqu'un qui se dérobe vite. Enfin, lui, il est entrepreneur, pas homme d'affaires, mais il est sûr de ce qu'il pense.