PROSTITUTION

 

Au bout du compte, à Anvers, une conclusion s'impose toujours. La Thaïlandaise, l'Africaine ou l'Italienne font leur entrée. Il y a aussi des slaves et bien sûr des hollandaises, des slaves et des françaises. Le plaisir est là, il leur est donné. Quand ils rentrent à l'hôtel, ils s'effondrent ; Tout est bien. Les draps sentent bon. L'hôtel est confortable, sinon luxueux. La réceptionniste de nuit est aussi charmante que celle de jour et le silence est délicieux. Au matin, ils parlent encore de cuisines variées pour évoquer leur nuit et mettent en scène les voitures de luxe qu’ils pourraient  toutes essayer. Et puis, ils visitent un musée, un château ou vont voir un spectacle. Ils rencontrent des copains belges. Ils rentrent dans leurs rôles. Ils sont commerçants, employés de banque, artisans ou travaillent dans la communication. Ils adorent la Belgique et surtout Anvers. Ils sont tous du nord. C'est proche et pourtant différent ! Ils aiment.

Paolo ne dit jamais à la cantonade qu'à Anvers cinquante vitrines offrent dans un même lieu un choix bien diversifié et qu'on n'y devient un chaland particulièrement gâté. Il n'ajoute pas non plus : « la pute, en plus elle va vous flatter, être attentionnée, ça fait plaisir à entendre, vraiment ! » Néanmoins, il le pense. Axel évite de parler de ce qui le soucie puisqu'il lui semble difficile de décréter devant le couple d'amis qui l'a invité : «  moi je viens en Belgique et à Anvers, ce quartier m'excite car je veux m'y vider les couilles! Ma femme elle ne fait plus ça ! le sexe, c’est le minimum maintenant ».C'est toutefois ce qu'il aimerait dire. Quant à Clément, il n'accompagne pas souvent la bande et quand il le fait, il rit aux blagues des autres mais n'en fait pas lui-même ; il marche comme eux dans les rues spécialisées et avoue son contentement. Mais il est difficile de le faire se livrer, pour ne pas dire impossible. Dire qu'il aime les prostituées et ce qu'elles lui font lui suffit. Julien est le seul à en savoir un peu plus : un jour, Clément s'est brièvement livré. Il lui a dit :« Ecoute, vous vous demandez pourquoi je viens avec vous et reste si à l'écart Je vais t'expliquer pourquoi. J’ai pas le baratin, je ne suis pas un dragueur, et les filles facilitent la vie. C'est vrai, on choisit davantage. Tu sais, j’ai pas envie de perdre mon temps, ni de me prendre la tête avec une relation ; je suis séparé, mon ex-femme je l’aime, mes enfants aussi mais ça ne m’empêche pas d’aller voir ailleurs, où est la gêne ? Tu sais des choses, maintenant, alors je t'en prie, n'ébruite pas». Julien a tenu parole. Il n'a rien dit des confidences douloureuses de son ami. les autres du reste, n'ont pas insisté.