jazz

 

Et lui ? Que peut-il dire ? « Je ne sais pas. Mes parents me donnaient l'impression de s'adorer et d'être frustrés. Je n'étais pas à l'aise adolescent. On me trouvait beau garçon, pourtant mais ça n'a jamais suffi. Les filles, j'ai compris qu'elles voulaient bien le sexe mais qu'elles étaient différentes ! On n'a encore rien de commun et, déjà, c’est difficile de parler de sexe ! Alors, je me dis que dans un couple, c'est pire. On n’ose pas, et puis la sexualité des femmes est différente, elles sont plus longues à jouir, ça peut complexer aussi de ne pas les satisfaire ! » Ce que Julien devine, c'est que son probable mariage avec Lisa ne fera pas disparaître les voyages en Belgique. Tous quatre aiment marcher dans cette ville au lendemain de leurs frasques ou rouler à travers le pays ; Ensuite, ils rentrent.

Sur les filles et leur ressenti, ils se posent peu de questions. Cependant, il leur arrive d'avoir des pensées. Paolo, par exemple, se demande si les prostituées éprouvent du plaisir elles aussi. Ils aimeraient bien dire que oui mais il est suffisamment malin pour savoir qu’elles font semblant. Souvent, elles font du bruit et ont l'air de prendre leur pied. En tout cas, elles le disent et ça s’entend mais c'est un leurre ! Moi, je crois qu’elles refusent d’en prendre. La prostitution, de toute façon, c’est basé sur l’absence de plaisir et de sentiments ». Clément est plus nuancé ; il aime bien les salons de massage, surtout un, à Anvers. Il y va souvent et demande la même personne. Elle est jolie, cette fille, un peu timide. Une fois, il lui a dit qu'elle n'avait pas l'air en forme et l'a questionnée un peu. Elle a fini pat lui avoue qu’elle faisait ça par obligation, elle avait besoin d’argent. Elle a paru craintive, soudain et lui a dit de ne pas lui porter tort. Interloqué, il a demandé qu'elle précise sa pensée. Les larmes aux yeux, elle a précisé : « La tristesse, il ne faut surtout pas la montrer aux clients ; on doit surmonter et pleurer quand ils ont passé la porte. C'est pour ça que vous pouvez être mécontent ! » Clément a haussé les épaules. Quand il a appris ensuite que « Josée » n'était plus là mais était remplacée par « Ariane », il a été soulagé. Un bon compagnon, peut-être ? Allez savoir ! Axel lui est d'accord avec deux ou trois articles qu'il a lus. Il pense, comme de nombreux clients que les prostituées ne souffrent pas. Elles ont choisi de faire ça. Et puis, de toute façon, il se justifie en se disant qu’ils les aident à vivre et, qu’elles aiment l’argent ! On ne les oblige pas, celles qui ne veulent pas, elles sont franchement bêtes : ce sont des truffes ! Elles n’ont qu’à aller bosser en usine, elles sont libres ! Pour moi ? Il n’y a pas de nuisance. Si on se posait toujourss des questions on ne ferait rien, c’est comme pour l’alcool et le tabac »

Ecrit de France