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Cours, jardins

Et intérieurs

 Je la revis plusieurs fois en extérieur et lui fis expérimenter ce doux mélange de plaisir et de honte que de toute évidence elle aimait. Elle avait opté pour une mise simple, presque dépouillée et je lui en fis des commentaires quand je la vis. La première fois, elle m’attendit sur un banc au Luxembourg et je la complimentai non sans ironie de la jupe bleu-foncé qu’elle avait choisie ; elle était à godets et lui arrivait aux genoux. C’était, il faut bien le dire, un vêtement assez laid et mal coupé et je voyais bien qu’elle le portait à dessein. Elle « l’agrémentait » d’un corsage à manches courtes, boutonné haut et en cela, elle ressemblait furieusement à une vieille fille des années cinquante. Elle était peu fardée et ne portait aucun parfum. En somme, elle se voulait commune et l’était.

Je m’assis près d’elle et m’enquis de sa lingerie ; ce qu’elle me dit me fit faire la grimace. C’était encore trop bien. Elle portait, disait-elle un soutien- gorge noir incrusté de dentelle et une culotte assortie. Ce n’était rien de bien sérieux, à ses dires, de la lingerie de supermarché ! Pour moi, c’était encore un acte de vanité. Il ne suffisait pas de vouloir revenir sur ses turpitudes en s’habillant de façon disgracieuse, il fallait que tout le reste suive.

Elle me répondit que l’ensemble de sa tenue ne valait pas bien cher, ballerines comprises, qu’elle n’avait fait aucun effet de coiffure et ne voyait rien dans sa mise qui pût dénoncer une quelconque afféterie.

Ce n’était pas la question.

Je l’atterrai en lui parlant.

Elle avait, des années durant, joué double jeu en faisant vie commune avec des compagnons qui l’aimaient et qu’elle déclarait aimer en retour. Elle lui avait de toute évidence promis loyauté et fidélité alors même que, très rapidement, elle les avait trompés avec n’importe qui et à peu près n’importe quand, leur cachant tout en maintenant son apparence de provinciale stricte et cultivée !

Avec cela, la séparation aidant, elle se déclarait prête à se soumettre à un Guide qui l’éduquerait.

Assurément, elle jouait dans Tartuffe !

Elle regrettait ce qu’elle avait bien, oh bien sûr, elle le regrettait  mais enfin, elle avait agi de son propre chef des années durant, acceptant des rendez-vous ou les suscitant, enlaçant, embrassant et séduisant !

Et avec cela, elle avait aimé lécher, sucer, recueillir, avaler.

Elle avait adoré qu’on la prenne, rêvant à côté de celui avec lequel elle vivait, qu’elle était encore pénétrée par cet infirmier, cet architecte, cet antiquaire ou encore cet enseignant qui tout à l’heure l’avait poussée sur un lit ; elle était une menteuse, une égoïste, une jouisseuse.

Elle avait osé !

La soumission, ce n’était pas cela.

Si elle voulait s’en approcher, il fallait qu’elle soit patiente et qu’elle accepte cette lente rétractation en elle du plaisir librement choisi et librement satisfait, de cette capacité qu’elle avait à se faire prendre et à crier car tel était son bon vouloir et de ce talent qu’elle avait de berner autrui.

Pour être clair, je lui précisai que son annonce, pour sincère qu’elle fût, montrait son incompétence.

Après cela, maintenant qu’elle était vraiment face à un Dominant, il fallait qu’elle fît des choix.

Soit elle confirmait sa volonté de servir et le travail commençait maintenant.

Soit elle se maintenait, comme le faisaient tant d’autres fausses soumises, dans l’illusion que, leurs recherches n’étant pas arrivées à bon port, elles devaient rester sur leurs réserves et cherchaient encore et encore !

Mais de toute façon, une réponse positive entrainerait un vrai engagement et une longue route semée d’embûches !

Elle se tortilla sur son banc un bon moment et je la vis toucher nerveusement ses cheveux et se tordre les mains ; elle était partagée.

Elle me dit qu’elle avait vécu ces rencontres très sexuelles et secrètes comme un bel hédonisme et qu’elle avait toujours pris soin que personne ne souffrît !

Elle n’était pas la seule, tout de même ! Tant de femmes jeunes ou moins jeunes, libres ou mariées, trouvaient un plaisir infini à se faire prendre sans que ces relations aussi sporadiques que jouissives ne parviennent à entacher leur vie quotidienne ! Les magazines féminins, pas mal de livres à la mode, des émissions de radio parlaient abondamment de ces pratiques. Allons donc, ce n’était pas un si grand mal !