PJ HARVEY FEMME ETRANGE

Je la promenais nue et en laisse, cette fille. Je l’attachais dans des forêts pour prendre mon plaisir. On jouissait l’un après l’autre. Elle d’abord à cause de ce que je lui avais fait faire et moi ensuite, dru et bien fiché en elle qui était entravée. J’ai un bon souvenir de ses jolis petits seins durs, de sa chatte aux lèvres plutôt grandes et de son anus dont le goût pour la dilatation n’eut pas besoin d’être longtemps stimulé…

Je n’avais pas, hélas, sur le plan physique les connaissances que j’eus par la suite et je ne tirai pas d’elle tout le plaisir qu’elle aurait pu me donner. Par contre, moralement, j’avais déjà compris bien des choses et elle me laissa l’éreinter avec délectation.

Des regrets ?

Non, ne me demandez pas d’en avoir ! Ce n’est pas moi qui ai inventé le masochisme, tout de même ! Si je regrette quelque chose, c’est une époque, cette époque où la jeunesse donne des droits ; notamment, celui de trouver rapidement une proie jeune et jolie.

Quant au laïus qu’on me sert pour expliquer que ces femmes- là sont de pauvres malades, à d’autres ! Croyez –moi, elles savent se défendre. Elles savent manipuler et exiger aussi et elles reçoivent beaucoup ! Seulement, on a changé de monde et de fait, de logique. On ne lit pas les choses avec les mêmes yeux.

Après cette infirmière, il y eut une Linn danoise qui elle, hésitait entre deux camps. Elle adorait les jeux de soumission mais il lui tardait de dominer. Je le sentis et fit valoir  que je n’étais guère prêt à passer d’un rôle à un autre. Ces choses- là ne s’improvisent pas ! Je me connais. Je suis un décideur ! Oh je sais que cela peut faire sourire puisqu’on se connaît par définition mal et qu’on peut être surpris par soi –même. Je peux être un homme faible. Ma mère avec laquelle j’avais eu pendant des années des rapports distants, tomba malade alors que j’étais marié depuis cinq ans et faillit mourir d’un cancer. Cette maladie et la modification qu’elle entraina de sa personnalité me rapprocha beaucoup d’elle. Je souffris et j’eus peur. Je me rendis compte que je n’étais pas indifférent à elle et que je ne souhaitais pas qu’elle meure. Son rétablissement me ravit.

2015 - 1

Quant à mon père, j’avais beau être habitué à ses frasques de mondain flambeur, je fus choqué qu’il eût choisi, après s’être séparé de ma mère, une jeune femme qui avait vingt ans de moins que lui et semblait tout régir. Je lui fis des reproches, à lui que j’ignorais depuis longtemps, et souffrit qu’il me répondit avec amusement et détachement. Mes mises en garde n’avaient aucun effet. Si ce n’est un : elles me déstabilisèrent puisqu’elles restaient sans effet et je souffris des mois durant de ce qui était pour moi à la fois une mésalliance et une association dérisoire. Je souffris d’autant plus que la compagne de mon père ne le quitta pas comme prévu mais au contraire resta avec lui. Elle y est toujours !

Vous voyez donc, j’ai mes faiblesses et je ne les ai pas toutes confessées. La plus douloureuse est je crois, d’avoir aimé et épousé une femme qui ne pouvait pas avoir d’enfant et ne désirait pas en adopter.

Mais on entre ici sur un terrain tellement miné que je ne souhaite pas poursuivre.

Je reviens à Linn. La jolie danoise me servit avec classe et m’opposa une résistance fière que l’infirmière ignorait. Elle me céda bien sûr sur bien des points à commencer bien sûr par des tenues vestimentaires très typées qu’elle porta avec panache. Nue, en harnais de cuir, elle fut parfaite. En guêpière ou soutien-gorge et porte- jarretelles, elle fut merveilleuse et je lui dois les tenues de soubrette et de secrétaire, elle fut remarquable. J’ai un souvenir extraordinaire des fessées que je lui administrais, après l’avoir renversée sur mes genoux. Elle avait mal épousseté, balayé et il était temps de la corriger ! Ou bien, elle était peu attentive, oubliait de me prévenir d’appels qui m’étaient adressés ou de rendez-vous depuis longtemps fixés et je me devais de la rappeler à l’ordre, moi, le Patron ! Sur ses belles fesses hautes, mes mains laissaient de belles traces. Mes mains ou des objets…

Maria, Linn…Le passé.

Ces choses- là s’étaient interrompues avec ma rencontre avec Claire, que j’allais épouser. Avec elle, je vivrais autrement…Et je l’avais fait, des années durant.

Mais je reviens à Anna.

Dans le studio, elle m’attendit et je la découvris comme demandé, son imper encore bien fermé et ceinturé, droite sur ses hauts talons. Au mur, derrière elle, il y avait des barres de bois qui servaient pour les entraves et au plafond, des poutres apparentes d’où pendait, à un endroit, un jeu de cordes. Elle ne pouvait pas, ne pas avoir vu un pilori de couleur noire, un prie-Dieu assez joli dont une partie était recouverte de velours rouge. Sur une table, étaient étalés des objets de plaisir et sur une autre, des objets plus punitifs. Et il y avait une armoire à vêtements sciemment laissée ouverte…bien sûr, il s’agissait tout de même d’un studio avec un petit décrochement pour la cuisine et un autre pour une minuscule salle de bain. Il y avait bien un canapé lit, une table basse et de petits meubles. De nombreux livres garnissaient des étagères de bibliothèque. Une table de bureau recevait un ordinateur portable tandis qu’une autre supportait un vase plein d’orchidées. On pouvait vivre ici, on pouvait mener une vie « normale ». C’étaient ces aménagements qui surprenaient, désarçonnaient, elle du moins…

Je lui dis bonjour, en déposant mon sac sur le canapé. Elle posait ses yeux sur moi, ces yeux qui dans cette lumière, paraissaient plus verts que bruns et je retrouvai dans son visage et son regard cette beauté que j’y avais déjà vue et dont je savais bien qu’elle était intimidante.

Elle me répondit.

- Bonjour, Bernard.

- Monsieur. Il faut m’appeler ainsi. Nous y sommes maintenant.

Elle serra les lèvres et je la vis frissonner.

Je tentai de la décontracter en faisant preuve de cet humour noire qui, je le savais, pouvait la faire rire. Je désignai de la tête les différentes « installations » qui précisaient nettement l’utilisation qu’on pouvait faire du lieu et lui dit :

-Joli agencement, tu ne trouves pas ?

Elle ne put s’empêcher de sourire et sans que j’aie demandé quoi que ce soit, elle défit la ceinture et les boutons de son imperméable puis le fit tomber à terre.

Je fus suffoqué.