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Clive a séduit sur ordre un danseur dont il s'est malgré tout épris. Comment gérer une situation impossible? 

- Je sais Erik…

Je sentais que quelque chose de terrible allait se produire et je voulais qu’on en finisse vite, qu’on quitte cet endroit…Il a compris ou non ce que je lui disais et il est devenu, en dépit de sa douleur, aussi actif que possible. D’ailleurs, à la fin, il ne souffrait pas beaucoup, sinon, du fait que c’était déjà terminé…

Je l’ai fait se relever et puis on est allé s’allonger dans la chambre.

- Voilà, donc pour toi, ça s’apaise…

- Je crois, j’espère…

- Il te laissera certaines libertés et tu verras, ce sera bien.

- Oui, je veux vraiment que ça se passe différemment. Et ne me pose plus de questions d’ordre sexuel, le concernant…Tu ne le connais pas.

- Message reçu. Je ne le connais pas.

-Je crois qu’on peut bien s’accorder, lui et moi. On a des natures difficiles et antinomiques mais…

Il se passait quelque chose là. Il n’allait pas tarder à me dire qu’en fin de compte, il allait reprendre ses billes et ça, ça m’a vraiment rendu marteau. Alors, j’ai foncé. J’étais incapable d’expliquer pourquoi je changeais d’attitude mais il fallait qu’il comprenne, qu’il sache que je me retirerais pas du jeu. Pourtant, j’avais un bon motif pour le faire, hein? Son argent à l'autre...Mais non. Erik, il me mettait dans un état de tension si violent, si intense que je n’étais plus le même chez moi. J’avais beau avoir une femme ouverte et tolérante, il y avait une limite à ne pas franchir et, malheureusement, je l’avais outrepassée.

- Ecoute, nous concernant, ce ne sera pas simple ! Kristin me trouve très changé. Elle a flairé que j’avais une liaison et ne le supporte pas. Il faut la comprendre, que je sois attiré par une femme, elle peut le gérer mais elle ne peut rien contre un homme jeune et beau. On est en train de se séparer, là. Toi, tu as retrouvé ton ami. Moi, je ne veux pas que ça éclabousse ma fille, cette affaire et si je te vois encore, ce sera le cas. N’oublie pas que tu la connais ! Kristin n’a aucun indice en ce moment mais elle peut fouiller dans ma vie, tancer Carolyn. C’est une femme blessée et en souffrance. Elle ne reviendra pas sur sa décision. Elle est comme ça : nette dans ses cassures. Mais je crains le déballage…Elle est au courant d’un certain nombre de mes incartades.

Il a paru surpris :

- Tu veux dire…qu’elle peut comprendre que nous avons une liaison ?

- Elle sait que je vois quelqu'un. Tu n'es pas identifiable.

Il a hoché la tête.

- Bien, je comprends. Tu es dans une situation compliquée. Vous allez divorcer. Ne te mets pas en tort…

- Je continuerai de te voir.

- Mais tu sais quand même pourquoi on se rencontre...

- Arrête ça. Tu sais aussi bien que moi qu’on aurait pas tenu des mois et des mois si c’était notre seul lien…

- C’est sûr, tu n’es pas juste « Clive »

- Non, Erik, non. Tu vois, tu en viens toi-même à ce registre…

- Oui, enfin...

- Je suis amoureux de toi et tu le sais.

- Mais je viens de te dire..

- Tu as dit quoi? 

Il m’embrasait complétement, il me rendait fou mais on était quoi qu’on en dise dans une situation illicite. Ce ne serait peut-être pas très grave pour lui d’expliquer à son amant soupçonneux qu’il lui avait déjà désobéi en me revoyant. On trouverait un truc. L’autre tiendrait sa langue.

- Je t'aime, ça tu comprends?

Erik, qui n’avait aucune idée de ce qui s’était tramé, s’est détourné. Il ne savait plus où il en était. Une mélancolie profonde s’est emparée de lui.

-  Oui, je...D’accord. Peut-être qu’il faudra trouver un autre endroit, d’autres horaires…

-  Sûr. Lopez m’a annoncé qu’il allait rappliquer.

- Tu seras prudent, Clive ?

- Oui.

Il s’en est suivi un  bref silence puis il a de nouveau regardé mon corps allongé. Son regard est allé de ma tête à mes hanches et il les encore une fois trouvé intéressants, mes attributs. Avec ses doigts puis sa langue, il s’est ingénié à leur redonner de la vigueur.

Humm, Erik…Tu vois, tes soucis s’envolent vite, mon joli-joli. Allez, continue…

Je l’ai laissé faire puis j’ai joué mon rôle, celui de Clive le Baiseur. On avait repoussé les draps.

Il était très cambré et juste étroit comme il fallait et, putain, c’était bon. Une à une, on a gravi les étapes du plaisir, alternant pénétration, travail des doigts, de la langue et sollicitation de son membre qui ne demandait qu’à se délivrer dans le plaisir. Quand enfin, on est retombés côte à côte sur le lit, on était en sueur.

J’étais arrivé bien résolu et déjà, je reculais. C’était bien au-delà du sexe…Ces élans, ces regards…