balance du pouvoir

Si Clive a voulu servir un Américain cupide, il s'en trouve bien puni. Il a mal traité l'ex-compagnon de ce dernier et semble bien devoir en payer le prix.

Qu’est-ce que je devais répondre ? J’ai fait preuve de patience :

- Ton ami ici présent semblait à la fois mal en point et rageur car tu lui échappais. Je devais te montrer comment faire pour que de nouveau ça colle bien entre vous.

- En faisant comme tu as fait ?

- Ben oui !  C’était pas très orthodoxe mais tu vois, ça a fonctionné. Tu recolles les morceaux avec lui. Comme quoi, il sait ce qui te convient.

- Et c’était supposé finir comment ?

- Tu lui aurais dit que tu faisais des galipettes avec quelqu’un alors que lui, il morflait. Il aurait fait mine de te pardonner et moi, il m’aurait remis dans le circuit au bout d’un certain temps. On se serait revus avec sa permission et il aurait été là. Enfin, c'est ce que j'ai compris...

- Tout est bien, alors ?

- Je ne peux pas te répondre oui. Si j’avais obéi, je ne serais pas là. J’afficherais chez moi un contentement imbécile en attendant l’heure du rappel. Mais, je t’ai fait venir sans l’en informer. De toute façon, il ne voulait pas que je te voie en douce.

- Cynique, alors ? Tu as tenté le coup pour toi…

- On est d’accord là-dessus.

- C’est raté. Tu n’auras rien de plus, jamais.

J’ai soupiré.

-  Ce qui est dur, c’est de te dire que j’ai été bête et lâche et que j’en suis malheureux.

- Tu as raison, c’est difficile, ça…Tu as menti tout le monde. Même ton divorce !

- Non, ça c’est vrai. Je ne suis pas fier de moi. Seulement vu ce qu’il se passe là, je doute que ça te convainque.

- Tu n’es pas convainquant et tu es minable.

 Barney, il ne disait rien et je trouvais cela vraiment bizarre. Il évitait même de regarder. Qu’est-ce qu'il avait en tête ?

- Bon, je vous redonne les clés et avant, je mets les draps à la machine. Ils ont servi. Pas bonjour à Riccardo Lopez qui revient pas du Mexique…

- Merci, Clive. Qu’en est-il du dernier chèque que je vous ai adressé ?

Evidemment ! Quel salopard !

- Ça fait pas dix jours. De toute façon, j’en veux pas. Je le déchire ou vous le renvoie…

- Réfléchissez tout de même…Vous avez encaissé les deux autres sans sourciller…

Eh ben, Erik, t’es bien loti avec un conard pareil !

Il m’a regardé froidement mais sans aucune hauteur. Au contraire, il avait l’air de trouver que je manquais ni de cran ni de vilénie. Oui, c’est exactement cela, il saluait le porc qui sommeillait en moi…

- Alors, c’est vrai ! Tu t’es laissé utiliser pour de l’argent ?

Il m’attaquait dans le dos, le bel Erik.

- Et pourquoi je l’aurais pas fait ? Carolyn est dans une bonne école de danse et j’ai dû prendre des heures sur mon travail.

- Pourquoi refuser désormais ?

- Parce que je ne suis pas si nul !

Il venait de se placer devant moi.

- Il t’a manipulé et menti mais moi, je ne suis pas un ange…

- Ah ?

- Tu n’avais pas compris ? Il a bien dû te le dire, que j’étais difficile, emporté et qu’il fallait m’en faire baver…

- Il a parlé pour défendre ses intérêts. N’importe qui aurait fait ça, non ?

- Mais je suis cruel. C’est toi qui ne vois rien !

- T’as tiré de moi bien des choses sympathiques, Erik, et je ne compte pas entrer dans les détails  et si tu les as obtenus de cette façon c’est que tu en es, d’ange. Regarde-toi, si beau, si fier, à peine atteint par toutes ces saletés…

- Tu es incohérent.

- Ton ami n’a jamais pensé ça.