image de violence

Clive a travaillé pour un américain éconduit par son jeune amant mais en voulant jouer double jeu, il s'est pris à son propre piège

Le danseur, il a lancé un regard dur à son amant mais celui-ci ne s’est pas dégonflé. Ils se sont toisés. Je ne voulais pas être en reste et j’ai aboyé :

- Soit je prends mes cliques et mes claques et là, c’est comme si tu me crachais à la figure. Soit je garde espoir parce que ton « compagnon » est en train de faire des tas de calculs dans sa tête. Et toi-aussi, peut être que t’en fais…

-Tu penses à quoi, me concernant ?

-A ce que tu me pourrais dire sur des vérités que tu as arrangées à ta façon, des paroles qu’en fait tu n’as pas prononcées, des actes que tu n’as pas commis…Peut-être que ton musicien n’est pas mort à cause de toi. Peut-être que tu voulais des aventures et que ton ami ici présent a seulement voulu t’empêcher de tomber sur des mecs louches. Peut-être que la fille qui t’intéressait t’a planté là parce qu’elle se sentait trop peu intéressé par les femmes…Il y a tant de façon de dire une chose et son contraire…Ton ami est peut être très dominateur sauf s’il cache son côté maso ; toi, tu as une gueule d’ange mais tu mords vite…Sans compter…

- Sans compter…

-Que tu as deux chasseurs aguerris face à toi. Il y aurait un autre plan possible, tu sais…, Je parle de ici et maintenant….

-  Et c’est quoi, selon toi ?

- Euh, je suis pas sûr que ma réponse…

Il me scrutait. Je ne l’avais jamais vu en colère comme ça. Il était vraiment superbe, bien raidi, les poings serrés…

- Donne-là.

- Bon, ben d’accord. Je dirais que le plan que ton "protecteur" avait en tête peut être mis à exécution. Ce ne devait pas exactement se dérouler sous cette forme mais pourquoi pas ?

Il attendait, glacial.

- Je continue?

- Oui.

- Voilà, donc je suggère une partie carrée dans la chambre. Un homme chic, un jeune artiste, un mec de base, la quarantaine. Je détaille pas le programme…Je dois admettre que c'est impromptu, peut-être trop direct...En tout cas, tu serais bien traité…

- Oh vraiment ?

- Je t’assure !

- Et tu ferais ça gratuitement ?

- Sûr !

J’ai regardé Barney qui restait sur son quant à soi mais dont le regard était plein de dureté. J’étais sûr qu’il n’était pas contre mais il ne savait pas encore comment ça allait tourner…C’est qu’il était sacrément résistant, le danseur classique…

J’ai attendu, histoire de ne pas le brusquer et mon regard est allé de l’un à l’autre. Le souci, c’est que j’ai rien vu venir parce que, justement, je sollicitais de nouveau Julian B. pour qu’il sorte de son mutisme et m’appuie. Erik, il m’a balancé un coup dans la figure, si violent qu’il m’a ouvert la lèvre…

J’ai reculé et étouffé un gémissement. Voyant que le sang coulait et que je l’essuyais du revers de la main, Barney a hurlé :

- Tu arrêtes ça, Erik !

Et là, il s’est approché vivement et il te l’a torgnolé, son danseur, que l’autre, il a dû se sentir tout hagard et ébloui en même temps, comme quand la nuit, il allait en cachette voir ce qu’il y avait sous le sapin de Noël et que son père le prenait sur le fait et l’engueulait avant de lui foutre une tarte.

Bon, au moins, Barney, c’était un dominateur. Il aurait pas réagi si vite, sinon. Au moins, une certitude. L’autre, le beau jeune homme, il avait de la haine dans son regard et il a reculé pour s’appuyer contre le mur. Personne n’a rien dit jusqu’à ce qu’il prenne de nouveau la parole.

- Vous êtes aussi vils l’un que l’autre. Sortez de ma vie !

J’ai pas eu le temps de répondre. Julian B. paniquait :

- Erik, je me suis emporté mais tu pousses à bout !

- Toi, tu recules !

Le décorateur, il commençait à mesurer l’ampleur des dégâts dont il était le seul responsable. Parce que claquer les fesses de son joli amant pendant des rapports sexuels épicés, c’était une chose mais le gifler comme ça devant témoin, ça avait une toute autre portée. En quelques secondes, il a pris la mesure du désastre. Jamais le danseur ne lui pardonnerait ça…