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A l'hôtel, Clive essaie de dominer Erik mais il craint

les jours anciens et passe au rire. Récit : 

Je lui ai dit qu’il était à moi jusqu’au lendemain et qu’en ce sens, il devrait m’obéir. Il a dit oui et, étourdiment, a cherché ses vêtements. Je me suis tout de suite dressé contre lui et j’ai crié. Il n’avait reçu aucun ordre !

-  Mais qu’est-ce que je viens de te dire ?

-  Je…

- Tu restes nu ! Tu fais ce que je te dis !

 Il s’est alors passé quelque chose d’incroyable. Il a parlé de réparations.

-  Tu te souviens, la gifle ?

-  Tu avais tes raisons.

-  Mais tu n’en  dis rien et tu dois le faire !

-  Non, c’est mon choix, ça.

-  Exige que je m’excuse, frappe-moi. Je le mérite.

-  C’est un ordre ? Tu es à même de m’en donner ?

-  Non, je t’en supplie !

-  Ah, c’est une prière ! Elle est trop courte.

-  Clive….

-  Je ne veux rien de tout ça. C’était il y a longtemps et tu l’as dit toi-même, tout était bizarre !

Il s’est approché de moi et s’est mis à genoux.

- C’est inutile. Je refuse de t’atteindre de cette façon.

Tout d’un coup, les paroles qu’avait prononcées Barney au début, me sont revenues. Il est difficile, il est dressé à plaire, il sait charmer…

J’ai pensé aussi à ce qu’il m’avait écrit sur le fait qu’acter réellement sa séparation d’avec Erik lui avait été très ardue.

Pour ce motif là ou un autre, je n’ai pas exaucé le vœu du danseur mais par contre, je l’ai laissé m’exciter. Toujours agenouillé, il a frotté son visage contre mon bas-ventre. Adroit et gourmand comme toujours…

Au bout d’un moment cependant, il s’est rendu à l’évidence. Je ne pourrai me livrer aux mêmes assauts que précédemment. J’étais fatigué, voilà tout. De la même façon, je voulais mettre un terme à la surenchère de la veille. On avait rejoué des scènes anciennes mais c’était suffisant. Il m’apparaissait tout d’un coup que nos rapports devaient s’infléchir…Il ne fallait pas qu’on se mette à lutter…

Je lui ai dit alors qu’on allait passer une journée différente. Et en effet, ça a été inattendu. On s’est mis à parler tantôt de lui, tantôt de moi et on a brassé mille et un sujets. On s’est accordé des pauses aussi. Il est resté longtemps à rêver dans un bain très chaud et je suis allé l’aider à se laver, passant sur ses épaules et son torse, une serviette bienfaisante.

J’ai lu tranquillement des journaux que j’avais achetés tandis que demi –nu (j’avais transigé), il buvait du café ou somnolait. Et puis, j’ai initié une sorte de jeu.

- J’aimerais qu’on se dise sur les êtres qui sont importants dans notre vie ce qui est surprenant et inattendu. Tu veux commencer ?

-  Non, toi.

-  Bien, j’évoque d’abord mes vieux. Ils étaient fermés et bornés comme pas permis et tu sais, quoi, ils pensaient que je ferais jamais rien. J’ai loupé l’université, arrêté très vite de bosser dans un théâtre et j’ai pas mal glandé. Ils ont cru qu’ils ne s’étaient pas trompés. Alors, j’ai vendu des polices d’assurance avant de faire tourner un restaurant qui présente des spectacles. Et tu sais, ça les a tellement bluffés qu’ils se sont enfin ouverts au monde ! Incroyable, ça ! Récemment, ils ont enfin décidé d’aller voir la statue de la liberté. Avant, ils ne quittaient pas Newark !

Erik a eu l’air amusé et charmé.

- A toi !

-  Paul, je l’avais croisé et je le trouvais sans aucun humour. A l’époque, il travaillait pour Julian. Il en pinçait pour lui mais j’étais là. Tout conventionnel qu’il était, il a réussi une fois à faire quelque chose de totalement inattendu. Il a offert à Julian une consultation chez une voyante connue…

-  Quoi ?

- Oui. Elle lui a dit que moi, je n’étais pas quelqu’un pour lui mais qu’il devait être attentif à un de ses collaborateurs qui, jeune et très sérieux, saurait intervenir à bon escient ! Elle lui a laissé entendre que ce serait son nouveau compagnon !

-  Ils se connaissaient ?

- La voyante et Paul ? Non, pas du tout. Il espérait qu’elle dirait ça et elle l’a fait ! C’est drôle, non ?

- Barney chez une voyante ! Invraisemblable !

Ça m’a beaucoup amusé.

J’ai repris :

- Kirsten, je la connaissais jeune fille. Elle était amoureuse de moi. Elle a ouvert une librairie à Newark après un long mariage au Texas. Elle se pose toujours comme un modèle de vertu et jure qu’elle ne se remariera pas. Pourtant, une fois, je l’ai coincée. Elle avait acheté une carte de Saint-Valentin et s’apprêtait à la poster, preuve qu’elle l’avait complétée et qu’il y avait bien un destinataire !

- Tu sais qui c’est ?

- Non, elle est très secrète.  A toi.

Il a froncé les sourcils et paru chercher ce qu’il allait dire.

- Quand j’étais enfant, j’avais déjà cette passion pour la danse. Mon père, ça le gênait. Il ne me comprenait pas beaucoup. Une fois ma mère a voulu le convaincre qu’il ne fallait pas contrarier ce qui lui apparaissait comme une vocation. Elle aurait pu lui faire un long discours en danois ou en français mais elle s’est mise à chanter !

- Comment cela ?

- Ce qu’elle voulait lui dire, elle l’a chanté !

- Il a aimé.

-  Oui, il a adoré et ça l’a adouci. A toi.